mercredi 5 mars 2008

Choc et beauté... pour la marque, pour la cause.





Lorsque je regarde les publicités de Benetton, j’ai l’impression de me retrouver dans une galerie d’art actuel au Belgo. Ce sont des images fortes, qui dérangent, prises par un véritable artiste, Olivero Toscani. Il y a une constance entre les exécutions, par l’utilisation de couleurs éclatantes et contrastantes, qui nous permet de véritablement les observer comme une exposition. Je dois dire que ces clichés ont même été présentés dans certains musées d’art moderne.

Benetton aime choquer avec ses images pour dénoncer les problèmes de notre monde, créant souvent ainsi une controverse. Par contre, leur audace n’est pas la seule chose qu’on leur reproche. Il y a un débat persistant sur les intentions de la compagnie, qui ne s’implique pas directement dans les causes. Certains trouvent qu’elle ne fait que les utiliser au profit de leur propre image. En effet, ce n’est pas l’idéal, c’est même déplorable. Par contre, elle donne beaucoup de visibilité aux causes qu’elle met de l’avant. C’est exactement ce dont celles-ci ont besoin; rejoindre le plus de gens possible. En étant l’objet d’une séance photo Benetton, elle s’assure de faire le tour de la planète.
Donc, la marque réussit à atteindre ses objectifs et la cause parvient à une prise de conscience de la société. Toute fois, cette polémique est également reflétée sur l’artiste, il utilise son art aux fins marketing d’une compagnie de vêtement. Je préfère voir ça d’une autre façon; il le fait pour donner vie à des causes majeures.
Peu importe leur fondement, les publicités de Benetton sont des photographies géniales, tant au niveau visuel que conceptuel.

mardi 4 mars 2008

New York, une ville exceptionnelle?

Publicité New York New York

Plusieurs publicités sociétales choisissent de choquer pour faire passer leur message. Elles déstabilisent la population, pour qu’elle réalise ce qui se passe dans le monde. D’autre se tourne plutôt vers l’émotion que peuvent provoquer le domaine des arts. La publicité télévisé pour Coalition for the homeless a allié ces deux techniques. Elle utilise la force de l’art, visuel et musical, d’une toute nouvelle façon et vient d’un seul coup nous déstabiliser.
Nous sommes habitués de voir New York comme une ville éclatante, débordante de vie et de culture. C’est les grands magasins et les musées impressionnants, c’est les lumières de Time Square et la musique de Broadway. Les créateurs de cette publicité choquent par leur utilisation de la chanson New York New York, qui exprime la joie de vivre dans cette ville, mais ici chantée par des sans-abris. Le côté glamour de ce lieu s’efface pour laisser place à la dure réalité de plusieurs, que nous choisissons trop souvent d’effacer du paysage.
L’art n’est pas toujours synonyme de beauté, mais arrive toujours à susciter une réaction, ou du moins à faire réfléchir. C’est en allant à l’opposé de ce à quoi on s’attend que cette publicité nous amène à ouvrir les yeux sur la réalité.
Selon moi, elle en a touché plus d’un, car la réflexion qui en suit n’est pas légère. En effet, l’idée du rêve américain, qui est à la base même de l’identité de cette nation, est ici remis en question. Le visionnent nous déprime, on a détourné le tout d’une façon exceptionnellement honnête. Nous ne pouvons y rester froid, surtout pas les New Yorkais qui sont directement interpellés à la fin :
« It’s up to you New York, New York. »

Digne du musée!













Cette publicité créée par l’agence montréalaise Amen, pour la Coalition Québec-Palestine, m’impressionne beaucoup. Elle incarne, pour moi, un idéal publicitaire par la façon dont le message est transmit. D’abord la qualité de la représentation est incroyable. Les couleurs utilisées et le traitement qui y est appliqué viennent me chercher et suscite mon intérêt. Je pourrais passer des heures à l’observer, tout comme un tableau au musée. Outre son aspect esthétique, tout ce que cette photographie représente suscite une réflexion. En effet, elle vient étonner par un jeu d’image remarquable. On entend souvent qu’une image vaut mille mots. Eh bien, cette création l’illustre parfaitement; ce qui semble, aux premiers abords, être un simple jeu d’échec s’avère présenter des cailloux affrontant des balles de fusils.
Le pouvoir de cette illustration est intense, en un coup d’œil on comprend toutes les difficultés et la misère qui règne en Palestine, sans devoir lire un texte lourd. Tout ce dont on a besoin ici, c’est la signature de l’organisme. Cette publicité nous parle intelligemment et nous amène à réaliser l’ampleur du problème, sans toute fois être moralisateur. J’adore. On a pas besoin de voir des enfants pleurer ou des combattants au bout de leur sang pour que nos émotions soient suscitées.
Voilà une idée ingénieuse brillamment exécutée. BRAVO.